Prenezune grande inspiration et regardez autour de vous. L’analyse est tout d’abord essentielle afin de comprendre les raisons de la chute. Ensuite, il faut Ă©valuer votre capacitĂ© Ă  pouvoir vous relever. En cas de douleurs ou de vertiges, il vaut mieux rester Ă  terre et attendre l’arrivĂ©e des secours. Commentrelever une personne souffrante, tombĂ© Ă  terre ?  DĂ©couvrez notre nouveau produit prochainement disponible Ă  la Boutique Medical Partner : Levezune jambe vers le haut, en position latĂ©rale Servez-vous de vos genoux et vos coudes pour vous relever Vous ĂȘtes alors en position « Ă  quatre pattes » Si une chaise ou une assistance est Ă  proximitĂ©, n’hĂ©sitez pas Ă  prendre appui et vous relever tout en douceur Attention ! Si vous chutez en Ă©tant seul, l’anticipation est primordiale. Lecoussin releveur gonflable confort CAMEL permet Ă  une personne seule de relever en position assise ou debout une personne tombĂ©e Ă  terre, ce de maniĂšre sĂ»re et en douceur. Ainsi, sans aide supplĂ©mentaire, vous maĂźtrisez facilement Victoria2 septembre 2021. Comment relever une personne ĂągĂ©e au sol aprĂšs une chute. Tomber est malheureusement un accident frĂ©quent chez les plus de 65 ans. Nous vous avons dĂ©jĂ  donnĂ© quelques pistes pour Vay Tiền Nhanh Chỉ Cáș§n Cmnd Nợ Xáș„u. Balades et jeux un accompagnement prĂ©cieuxLes aides Ă  domicile Ouihelp accompagnent les personnes ĂągĂ©es dans toutes les activitĂ©s nĂ©cessaires Ă  leur bien-ĂȘtre. Le partage d’un moment de jeu Ă  domicile, l’aide pour se dĂ©placer jusqu’au lieu d’une activitĂ©, compagnie lors d’une promenade
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Son mari, qui souffre d'une sĂ©vĂšre dĂ©pression, a mis une semaine Ă  prĂ©venir les corps en Ă©tat de dĂ©composition, des vers, des mouches les pompiers des Yvelines ont fait une tragique dĂ©couverte le 31 octobre dernier dans un appartement de la commune de Croissy-sur-Seine. Une femme ĂągĂ©e de 66 ans gisait par terre au milieu de son logement depuis une semaine aprĂšs ĂȘtre tombĂ©e, et ce malgrĂ© la prĂ©sence de son mari, de son fils et de sa belle-fille qui vivent avec elle, rapporte Le jours aprĂšs l'incident, l'Ă©poux de la victime, qui souffre d'une grave dĂ©pression, s'est toutefois rĂ©solu Ă  appeler les secours, expliquant que sa femme s'Ă©tait blessĂ©e en chutant, et qu'elle Ă©tait incapable de se relever. L'Ă©tat avancĂ© de dĂ©composition de ses jambes laissent toutefois penser qu'elle souffrait dĂ©jĂ  de sĂ©vĂšres blessures, a confiĂ© au quotidien une source proche. "Ses jambes sont en Ă©tat de dĂ©composition et laissent Ă©chapper de nombreux vers et des mouches. Ce n'est certainement pas durant cette semaine que ses membres se sont dĂ©composĂ©s. Il est mĂȘme possible que les vers, au pouvoir antiseptique, aient eu un effet salvateur sur elle", prĂ©cise cette source qui Ă©voque "l'odeur pestilentielle qui rĂ©gnait dans l'appartement".La sexagĂ©naire a Ă©tĂ© prise en charge Ă  l'hĂŽpital de Poissy et son Ă©tat de santĂ© prĂ©sente des signes d'amĂ©lioration, indique Le Parisien. Une enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte pour non-assistance Ă  personne en danger par le parquet de Versailles mais le mari, le fils et la belle-fille de la victime ont Ă©tĂ© disculpĂ©s pour cause de dĂ©pression et troubles psychotiques. La prise en charge des personnes ĂągĂ©es est loin de faire suffisamment de progrĂšs. Cependant elle en fait le dĂ©veloppement des services Ă  la personne, le financement de la dĂ©pendance, mais aussi le progrĂšs technologique, offrent des possibilitĂ©s de plus en plus intĂ©ressantes pour amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© et le maintien Ă  domicile des plus vieux. Le problĂšme est que les personnes ĂągĂ©es, souvent, ne sont pas favorables Ă  cette mise en sĂ©curitĂ© ; le problĂšme est aussi que cette sĂ©curitĂ© a un coĂ»t cĂŽut financier, certes, mais plus encore coĂ»t en termes d’autonomie ; on peut dire que la sĂ©curitĂ© est dangereuse, et que le moins risquĂ© est de prendre des risques. Peut-on pour autant parler d’un droit au risque, et si oui comment le penser ? Avant de commencer ce travail, j’avais quelques certitudes. Elles ont disparu Ă  mesure que j’écrivais. Ne me restent que deux ou trois repĂšres, que je peux essayer de partager, quelques outils qu’on peut essayer de forger. LE PRINCIPE DE PRECAUTION C’est peu dire que rappeler combien le principe de prĂ©caution est Ă  la mode. Une de ces modes agaçantes dans lesquelles on flaire sans peine que ceux qui l’invoquent n’ont pas compris de quoi il s’agit. Prenons donc la peine de reprendre la question Ă  son dĂ©but. Le principe de prĂ©caution est explicitement issu de la pensĂ©e de Hans Jonas, philosophe allemand contemporain, qui pose ce principe dans son livre majeur Le Principe ResponsabilitĂ© ». Pour aller vite disons que Jonas est animĂ© par un jugement trĂšs pessimiste sur l’évolution de la civilisation Contrairement au rĂȘve des LumiĂšres, elle n’a pas permis d’amĂ©liorer l’homme la derniĂšre guerre mondiale en est la preuve. Le progrĂšs technologique est devenu capable de produire des effets tellement dĂ©vastateurs qu’on ne peut plus croire qu’il va se rĂ©guler de lui-mĂȘme. La position de Jonas est donc particuliĂšrement noire l’homme a fait tant de mal que la question Ă©thique n’est plus de savoir comment on va faire au mieux, mais simplement comment on va faire au moins mal. Il ne s’agit plus de faire progresser le monde mais d’éviter son effondrement. Le principe responsabilitĂ© » Ă©nonce que toutes nos actions doivent permettre de LĂ©guer aux gĂ©nĂ©rations futures une terre humainement habitable et ne pas altĂ©rer les conditions biologiques de l’humanitĂ©. Le principe de prĂ©caution » Ă©nonce donc que Face Ă  des risques graves et irrĂ©versibles, mais potentiels, l’absence de certitudes scientifiques ne doit pas retarder l’adoption de mesures qui auraient Ă©tĂ© jugĂ©es lĂ©gitimes si de telles certitudes avaient Ă©tĂ© acquises. Autrement dit quand une innovation technologiques comporte des risques, on doit prendre des mesures maximales contre tous les dangers identifiables, y compris ceux qui seraient simplement imaginables. Et si on ne peut atteindre alors un niveau de sĂ©curitĂ© suffisant, il convient de renoncer Ă  l’innovation tant qu’on n’en sait pas plus sur les risques en question. On voit que le principe de prĂ©caution a une dĂ©finition trĂšs restrictive quand on ne sait pas quantifier un risque on le considĂšre comme maximal ; on voit aussi qu’il n’a rien Ă  voir avec le principe de prĂ©vention » quand les risques sont connus et identifiĂ©s, on a le devoir d’en tenir compte, ou le principe de prudence quand une situation comporte des risques, on ne les assume qu’à bon escient. Un bon exemple d’application du principe de prĂ©caution serait la gestion du retour sur Terre des vaisseaux spatiaux on peut se demander si ces vaisseaux ne pourraient pas se trouver contaminĂ©s par des toxiques ou des organismes inconnus, dont la virulence pourrait se rĂ©veiller sur Terre. Il faudra donc probablement se comporter Ă  l’égard de ces vaisseaux comme s’ils Ă©taient effectivement contaminĂ©s. Mais quand on dit cela on met en Ă©vidence du mĂȘme coup les limites, et mĂȘme la faiblesse de la position de Jonas. D’abord il n’est pas difficile de constater que la conception qu’on se fait du danger est largement dĂ©pendante de l’époque Le retour des missions Apollo n’a pas Ă©tĂ© entourĂ© d’un luxe de prĂ©cautions bactĂ©riologiques, simplement parce qu’on ne se posait pas les problĂšmes en ces termes le livre de Jonas date de 1979. De la mĂȘme façon les normes de sĂ©curitĂ© dans les Ă©coles n’ont rien Ă  voir Ă  notre Ă©poque avec ce qu’elles Ă©taient au temps de notre enfance ; ce n’est pas la technologie qui est en cause, c’est notre vision de ce qu’est un risque acceptable ». Ou encore les risques de l’amiante sont connus de longue date ; ce qui a changĂ© c’est notre conception de ce que sont les risques professionnels. Ensuite, et surtout sans doute, on n’est pas prĂšs de s’entendre sur ce qu’est un risque potentiel » ou un risque imaginable ». Car on peut toujours imaginer un risque, et si le projet Ă©tait de n’agir que quand on est certain de ne courir aucun risque, alors on se condamnerait Ă  ne plus agir du tout il n’est pas possible de prouver que les relais tĂ©lĂ©phoniques ne prĂ©sentent aucun danger, car il n’existe aucun moyen de prouver un fait nĂ©gatif. S’agissant par exemple des organismes gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s, la question prĂ©sente un triple aspect En premier lieu il y a la question des enjeux Ă©conomiques par le biais de la propriĂ©tĂ© privĂ©e de ces organismes. Ce n’est pas un risque, c’est un problĂšme politique. Le principe de prĂ©caution n’a rien Ă  voir lĂ -dedans. En second lieu, il y a le fait que si on modifie du blĂ© pour le rendre rĂ©sistant aux pesticides, c’est pour pouvoir utiliser davantage de pesticides et donc ĂȘtre plus efficace. Le problĂšme est que le taux de pesticides dans le blĂ© va se trouver augmentĂ©, et que c’est nous qui mangeons le blĂ©. C’est un risque, mais parfaitement mesurable. Le principe de prĂ©caution n’a rien Ă  voir lĂ -dedans. En troisiĂšme lieu il y a la question de la nocivitĂ© de la modification gĂ©nĂ©tique en elle-mĂȘme. Pour autant qu’on sache il n’y en a aucune, et on se demande comment il y en aurait une ; dans l’état actuel de la science, penser le contraire est une marque d’obscurantisme, et le principe de prĂ©caution n’a rien Ă  voir lĂ -dedans. A moins qu’on ne dise que ce n’est pas sĂ»r, Ă  moins qu’on ne dise qu’on ne sait jamais. La limite du principe de prĂ©caution est exactement lĂ  on ne sait jamais. Mais si on ne sait jamais, alors aucune activitĂ© humaine n’a fait la preuve dĂ©finitive de son absence de nocivitĂ©, et toute activitĂ© doit ĂȘtre arrĂȘtĂ©e ; d’ailleurs qui, en 1970, aurait seulement imaginĂ© que l’automobile allait rĂ©chauffer le climat ? Retenons donc les trois consĂ©quences du principe de prĂ©caution elles s’appliquent parfaitement Ă  notre propos sur la sĂ©curitĂ© des personnes ĂągĂ©es Il est illusoire de prĂ©tendre Ă©valuer tous les risques, et mĂȘme de prĂ©tendre les imaginer. Ce que nous appelons un risque est fortement dĂ©pendant de notre conception actuelle. Les responsables actuels tendent Ă  confondre principe de prĂ©caution et principe du parapluie ainsi dans le cas de la vaccination contre l’hĂ©patite B, les effets secondaires Ă©taient connus, rĂ©pertoriĂ©s, quantifiĂ©s, et pas si mal ; et le rapport bĂ©nĂ©fice/risque ne souffrait, et mĂȘme aujourd’hui encore ne souffre, guĂšre de discussion ; ce qui est Ă  voir, c’est la maniĂšre dont on prend en charge l’alĂ©a thĂ©rapeutique. LE PRINCIPE D’AUTONOMIE Parmi les discussions les plus violentes qui agitent le monde de la vieille Europe et le monde anglo-saxon, il y a deux conceptions diffĂ©rentes du bien. La vision europĂ©enne On sait que pour les europĂ©ens que nous sommes, profondĂ©ment marquĂ©s par la pensĂ©e grecque, et encore plus par sa relecture chrĂ©tienne, il existe le beau, le vrai et le bien, et que ces trois mots correspondent Ă  des notions qui existent et peuvent faire l’objet d’un savoir. Il y a un beau en soi, une vĂ©ritĂ© absolue, et le bien est une donnĂ©e universalisable tous les hommes aspirent au mĂȘme bien, et ils en ont la mĂȘme conception que moi. Il s’ensuit par exemple une conception particuliĂšre du bien du malade. C’est ainsi, pour sortir du domaine mĂ©dical, que la Convention EuropĂ©enne sur l’exercice des droits de l’enfant prescrit qu’on doit consulter l’enfant personnellement, ... Ă  moins que ce ne soit manifestement contraire aux intĂ©rĂȘts supĂ©rieurs de l’enfant. Il existe donc un bien absolu, indiscutable, sur lequel tout le monde est censĂ© s’accorder. Dans ce modĂšle la notion de bien n’est pas immanente Ă  l’homme, elle lui vient d’ailleurs, que cet ailleurs soit le dieu ou la nature, et c’est parce qu’elle ne dĂ©pend pas de l’homme qu’on peut s’accorder dessus. Et c’est aussi pourquoi il ne saurait y avoir de dĂ©saccord Ă©thique entre le malade et son mĂ©decin, puisque l’objectif de l’un et de l’autre est la guĂ©rison du malade. C’est pourquoi Louis Portes, premier prĂ©sident du Conseil de l’Ordre des MĂ©decins, qui n’avait de leçons Ă  recevoir de personne en matiĂšre d’humanisme et de courage, pouvait Ă©crire en 1950 Tout patient est et doit ĂȘtre pour lui le mĂ©decin comme un enfant Ă  apprivoiser, non certes Ă  tromper, un enfant Ă  consoler, non pas Ă  abuser, un enfant Ă  sauver, ou simplement Ă  guĂ©rir. Cette vision paternaliste de la mĂ©decine se retrouve encore dans bien des textes de loi ; il ne faut pas la mĂ©priser au nom d’une lecture caricaturale, et il n’est pas besoin d’une longue rĂ©flexion pour voir les catastrophes qu’on dĂ©clenche Ă  la jeter inconsidĂ©rĂ©ment aux orties. La vision anglo-saxonne À l’opposĂ© de cette conception, il y a la conception autonomiste. Dans ce modĂšle le bien en soi n’existe pas, il n’y a que le bon est bien ce qui est bon, et le bon est ce que l’homme dit lui ĂȘtre profitable. C’est ainsi que la notion de plaisir est centrale dans la pensĂ©e des philosophes anglais des XVIIe et XVIIIe siĂšcles, notamment Hobbes, Locke et Hume, qui sont Ă  l’origine du siĂšcle des LumiĂšres, et plus encore de la pensĂ©e amĂ©ricaine. Comme il n’y a pas de bien absolu il suit qu’on ne peut juger une action Ă  ses consĂ©quences, et que le seul critĂšre utilisable est le respect de principes d’action ; je n’agis pas pour faire un bien que je connais mais parce que mon devoir est d’agir ainsi. Ce qui compte ce n’est pas le contenu du contrat, c’est le respect du contrat. Il s’ensuit que la rĂ©fĂ©rence absolue est l’autonomie de la personne, c’est Ă  dire la libertĂ© qui lui est reconnue de dĂ©cider pour elle en toute connaissance de cause. Tout doit ĂȘtre fait pour respecter sa libertĂ© de choix, c’est Ă  dire aussi sa libertĂ© de dire quelles sont ses valeurs, quelles sont les choses importantes pour elle et quelles sont les choses accessoires. Dans cette vision des choses le mĂ©decin n’est pas un pĂšre aimant mais un simple conseiller technique dont le rĂŽle se rĂ©duit Ă  informer. On voit bien le principe qui est Ă  l’oeuvre ici, et qui Ă©voque irrĂ©sistiblement ce mot de Protagoras L’homme est la mesure de toute chose. Ce n’est pas un hasard, sans doute, si on retrouve ainsi quelque chose de l’opposition entre les sophistes et les platoniciens, mais cela nous mĂšnerait trop loin. Il n’empĂȘche on voit bien ici les limites de la construction anglo-saxonne, qui est d’ailleurs la mĂȘme que celle, pour autant qu’on la connaisse, des sophistes pour les anglo-sxons, il y a un principe absolu, c’est qu’il n’y a pas de principe absolu ; la construction tient Ă  condition de poser en principe que tout le monde considĂšre son autonomie comme la valeur essentielle, et cela ne va pas de soi. Ce prĂ©supposĂ© est parfaitement visible dans la procĂ©dure mĂȘme utilisĂ©e par les amĂ©ricains en 1991 le Parlement Ă©dicte le Patient Self-DĂ©termination Act, qui dĂ©cide qu’à tout patient hospitalisĂ© on doit remettre un document indiquant ses droits ; ce document comprend un dictionnaire explicatif, une charte des droits, une proposition de directives anticipĂ©es, un document sur l’ordre de rĂ©animer ou non, un formulaire de dĂ©signation d’une personne de confiance, une liste des recours possibles. Mais faisant cela on reconnaĂźt bel et bien que les humains ont suffisamment de choses en commun pour que cela puisse faire l’objet d’un Ă©crit lisible et partageable par tous. Les limites de ces modĂšles Passons. Le problĂšme qui nous intĂ©resse au fond n’est pas de savoir quel modĂšle l’emporte sur l’autre, car chacun a des inconvĂ©nients Ă©vidents ; il est plutĂŽt de savoir, prĂ©cisĂ©ment, quels sont ces inconvĂ©nients, c’est-Ă -dire quelles sont les impasses qui sont faites, sachant que de part et d’autre on est conscient de ces impasses mais qu’on les considĂšre comme un prix Ă  payer. Le modĂšle paternaliste conduit Ă  des dĂ©cisions comme l’arrĂȘt dit HĂ©dreul. Il s’agissait d’un homme atteint d’une forme familiale de maladie intestinale, avec un risque de cancer proche de 100%. Il lui avait donc Ă©tĂ© proposĂ© une coloscopie. Malheureusement, et bien qu’aucune faute n’ait Ă©tĂ© commise, il a accumulĂ© tous les ennuis imaginables, et il attaquĂ© le mĂ©decin au motif qu’il n’avait pas Ă©tĂ© suffisamment informĂ© des risques de la coloscopie. La justice a fini par trancher qu’il y avait bien eu dĂ©faut d’information mais que si le malade avait eu toute l’information il n’aurait pas pour autant refusĂ© l’examen parce qu’aucun agent rationnel ne l’aurait fait. En d’autres termes la libertĂ© n’est pas la libertĂ© d’agir contre le bon sens, contre le vrai et le bien considĂ©rĂ©s comme des absolus. DĂ©cision pertinente dans le cas d’espĂšce ; on imagine sans peine les abus d’un tel systĂšme. Quant au modĂšle autonomiste, il aboutit Ă  des dĂ©cisions comme l’arrĂȘt Doe une femme est enceinte ; l’enfant est menacĂ© de graves sĂ©quelles neurologiques si l’accouchement est fait par voie normale ; la mĂšre refuse la cĂ©sarienne et le mĂ©decin est tenu de s’incliner. Cet arrĂȘt pose Ă©videmment le problĂšme de la responsabilitĂ© de la mĂšre vis-Ă -vis de son enfant, et renvoie Ă  cette question la femme est libre de disposer de son corps mais il est des situations oĂč elle hĂ©berge dans son corps le corps d’un autre, et de cet autre il ne va pas de soi qu’elle puisse disposer. Mais quand nous tenons ce raisonnement, ou quand nous disons que la mĂšre n’était pas Ă  mĂȘme d’évaluer son risque, nous dĂ©cidons de substituer notre systĂšme de valeurs Ă  celui de la mĂšre, et cela le modĂšle autonomiste nous l’interdit. Nous sommes donc en difficultĂ© des deux cĂŽtĂ©s, car chacune des deux visions prĂ©sente des inconvĂ©nients Ă©vidents. C’est cette difficultĂ© que nous retrouverons dans la prise en charge des personnes ĂągĂ©es. UN MODELE DE RAISONEMENT LES BARRIERES DE LIT La question des barriĂšres de lit est probablement un vĂ©ritable emblĂšme relativement Ă  notre sujet. En effet c’est un domaine dans lequel l’irrationalitĂ© occupe une place prĂ©pondĂ©rante. Il convient de s’y attarder un peu. Les soignants français sont de grands amateurs de barriĂšres de lit. On en compte jusqu’à 90% dans certains services hospitaliers, et ce sont loin d’ĂȘtre les plus mauvais. La formation des soignants accorde une grande place aux questions de sĂ©curitĂ©, de sorte que la mise des barriĂšres de lit est un rĂ©flexe contre lequel il est trĂšs difficile de lutter ce qui est redoutĂ© c’est que le malade tombe de son lit ; mais quand on fait remarquer au soignant que si ce malade paraplĂ©gique tombait un jour de son lit ce serait probablement une bonne nouvelle, le soignant rĂ©plique que, tout de mĂȘme, les barriĂšres sont aussi trĂšs pratiques pour accrocher la sonnette ou le cordon de la lumiĂšre ; bref pour une raison ou pour une autre il y a des barriĂšres. C’est un modĂšle de position paternaliste. Et cette obstination est d’autant plus irrationnelle qu’en rĂšgle gĂ©nĂ©rale le soignant qui relĂšve les barriĂšres de lit omet, ce qui serait pourtant d’élĂ©mentaire prudence, de remettre le lit en position basse. Personnellement je dĂ©teste les barriĂšres de lit. J’y ai des raisons prĂ©cises d’abord bien souvent elles empĂȘchent de se lever des gens qui pourraient parfaitement le faire, et en cela elles constituent une vĂ©ritable contention, ce qui est un abus de pouvoir ; ensuite le seuls accidents mortels que j’ai observĂ©s en matiĂšre de chute d’un lit ont Ă©tĂ© le fait de patients qui ont enjambĂ© la barriĂšre de lit. Mais je dois bien admettre que si je dĂ©teste les barriĂšres de lit, c’est aussi parce que je les dĂ©teste je dĂ©teste cette image du vieillard parquĂ© dans son lit comme un mouton dans son enclos. Ce que je n’aime pas c’est l’image, et ma position est tout aussi paternaliste que celle des soignants je dĂ©teste les barriĂšres, mais c’est moi qui les dĂ©teste, et je sens bien que quand le malade demande qu’on les lui mette je dois faire un effort pour ne pas le critiquer. Alors comment peut-on considĂ©rer le problĂšme des barriĂšres de lit ? En 2000 l’ex-ANAES publiait un guide de recommandations intitulĂ© limiter les risques de la contention chez les personnes ĂągĂ©es ». Il y Ă©tait notamment question des barriĂšres de lit, et on y lisait que le rapport bĂ©nĂ©fice/risque des barriĂšres de lit est dĂ©favorable non seulement elles n’évitent pas les chutes, mais encore elles provoquent des traumatismes, voire des dĂ©cĂšs, au point qu’aux Etats-Unis les procĂ©dures pour excĂšs de barriĂšres sont aussi nombreuses que les procĂ©dures pour dĂ©faut. C’est l’opinion qui maintenant a le vent en poupe, du moins chez les gĂ©riatres, et voici qui vient conforter ma thĂšse. Pas tout Ă  fait cependant. Car tout de mĂȘme il y a une anomalie. Voyons. Comment se prĂ©sente le risque de chute d’un lit ? Il y a le malade qui bouge pendant son sommeil, comme font nombre de bien-portants. Celui-lĂ , quand il rencontre une barriĂšre de lit, est protĂ©gĂ© des chutes. Il y a le malade qui est atteint d’une dĂ©ficience motrice, neurologique ou rhumatologique, et qui ne va pas cotrĂŽler tout Ă  fait ses gestes, s’exposant Ă  tomber lorsqu’il voudra se retourner dans son lit. Les barriĂšres vont le protĂ©ger. Il y a le malade qui veut se lever de son lit parce qu’il est agitĂ© ou confus, ou qui fait tout simplement un cauchemar. Ce malade-lĂ  ne sera pas arrĂȘtĂ© par une barriĂšre de lit, et il l’enjambera, s’exposant Ă  un traumatisme encore plus grave. Et puis il y a le malade, certes limitĂ© sur le plan locomoteur, mais lucide, qui voudrait se lever mais qui sera en danger s’il le fait. Les barriĂšres vont le protĂ©ger, mais au prix d’une restriction de libertĂ© qu’il faudra justifier, et d’une aggravation de son impotence. C’est lĂ  un des problĂšmes majeurs de toutes les contentions on veut protĂ©ger le malade contre les traumatismes, mais le principal danger des traumatismes est la grabatisation qu’ils risquent d’engendrer ; il est donc absurde de choisir, pour Ă©viter la grabatisation du malade, une stratĂ©gie aboutissant Ă  le grabatiser. On voit donc que dans le troisiĂšme type de situation les barriĂšres sont inefficaces et dangereuses ; dans le quatriĂšme elles sont efficaces mais dangereuses ; reste deux autres situations oĂč elles sont efficaces. Le bon sens arrivait au mĂȘme rĂ©sultat la surprise serait de constater que les barriĂšres n’évitent aucune chute. Et quand l’ex-ANAES affirme que les barriĂšres n’évitent pas les chutes, elle prend le risque de se voir demander par quel mirache un tel paradoxe pourrait bien ĂȘtre expliquĂ©. La vĂ©ritĂ© est probablement tout autre Les barriĂšres aggravent les dangers des chutes. Elles ont leurs risques propres de blessure. De la sorte leur balance bĂ©nĂ©fice/risque est dĂ©favorable. Un usage inconsidĂ©rĂ© des barriĂšres de lit aboutit Ă  limiter abusivement l’autonomie de certains malades, qui voient leur impotence s’aggraver et donc leur risque de chute. De la sorte, et toutes choses Ă©gales par ailleurs, il y a moins de chutes dans les services qui n’utilisent pas de barriĂšres que dans ceux qui les utilisent. Mais il y a certainement une place pour une utilisation raisonnĂ©e des barriĂšres de lit, une utilisation qui permette de diminuer rĂ©ellement le risque de chute. Si cette possiblitĂ© n’existait pas cela constituerait un tel paradoxe qu’il faudrait l’expliquer. Le problĂšme est que pour faire cela il nous faudrait prĂ©ciser les indications des barriĂšres de lit, ce qui ne se peut qu’à la condition de disposer de critĂšres diagnostiques. Nous ne les avons par, ce qui ne veut nullement dire qu’ils n’existent pas. La conclusion de tout cela saute aux yeux tout le monde dans cette affaire se comporte en fonction de sa subjectivitĂ©. Les soignants ne supportent pas l’idĂ©e d’un patient qui prendrait un risque, je ne supporte pas l’idĂ©e d’un patient enfermĂ©, et l’ex-ANAES publie un document qui, Ă  cause peut-ĂȘtre d’une idĂ©e prĂ©conçue, ne prend pas la prĂ©caution de faire le tri dans ses statistiques. Ces trois positions, au-delĂ  de leurs apparences, sont paternalistes ; d’ailleurs aucune mention n’y est faite du malade. Comment peut-on alors avancer ? L’avis du malade Une premiĂšre solution est bien entendu de demander au malade ce qu’il en pense. Il est mĂȘme significatif que ce ne soit pas la premiĂšre idĂ©e, tant la pose de barriĂšres est de toute Ă©vidence une mesure de contrainte envers la personne. Mais pour des europĂ©ens cette solution suppose qu’on ait rĂ©solu la question du consentement libre et Ă©clairĂ© ». Car de deux choses l’une ou bien on considĂšre que, tout compte fait, il vaut mieux laisser les gens libres de dĂ©cider pour eux-mĂȘmes parce que c’est ainsi qu’on limite au mieux les abus du paternalisme ; ou bien on considĂšre que, tout compte fait, il vaut mieux ne pas trop accorder de crĂ©dit Ă  l’opinion du malade car il se trompe trop souvent dans ses choix. Donc ou bien la parole du malade s’impose ou bien elle ne s’impose pas. Mais la loi du 4 mars 2002 introduit la notion de consentement libre et Ă©clairĂ© ». Dire cela c’est poser un nouveau problĂšme. Car il est facile de dire ce qu’est le consentement ; par contre si on veut qu’il soit libre et Ă©clairĂ© » on s’oblige Ă  dire qui juge de ce qui est libre et de ce qui est Ă©clairĂ©. Certes on peut se contenter de le faire par dĂ©faut un consentement est libre quand on n’a pas d’argument pour dire que le malade a subi des pressions, et il est Ă©clairĂ© quand on peut Ă©tablir que les informations lui ont Ă©tĂ© donnĂ©es. Mais on voit bien que cela ne suffit pas. Et ce n’est pas seulement parce que les fonctions intellectuelles du malade Ă  qui on va poser des barriĂšres de lit sont frĂ©quemment dĂ©tĂ©riorĂ©es c’est surtout parce que le savoir qui s’échange dans la communication entre le soignant et le malade n’a pas rĂ©ellement de point commun. Il y a d’un cĂŽtĂ© un humain qui n’est pas en crise, qui possĂšde sur la situation un savoir en quelque sorte extĂ©rieur, et il y a de l’autre un malade en crise, qui ne dispose d’aucune libertĂ© vis-Ă -vis du message qui lui est adressĂ©, car ce message lui parle non d’un savoir mais d’une expĂ©rience qu’il vit ici et maintenant. Le savoir du soignant est constituĂ© par compilation d’un grand nombre de cas, celui du malade n’a rien Ă  voir avec une compilation, c’est immĂ©diatement l’application Ă  une situation unique. Comment dĂšs lors peut-on penser la libertĂ© de celui qui est en crise ? La loi du 22 avril 2005 pose la question mais ne donne pas de rĂ©ponse, et elle ne donne pas de rĂ©ponse parce qu’il n’y en a pas, du moins pas dans une loi. C’est ainsi, par exemple, qu’elle dĂ©crit la procĂ©dure Ă  appliquer lorsque le malade est hors d’état d’exprimer sa volontĂ© » ; mais elle ne dit pas qui juge que le malade est en Ă©tat d’exprimer sa volontĂ© ; et si nous savons que dans bien des cas la rĂ©ponse est Ă©vidente, il en est d’autres oĂč c’est infiniment plus difficile, et malheureusement ces cas sont les seuls oĂč nous aurions rĂ©ellement besoin des secours de la loi. On voit ici Ă  l’oeuvre l’évidence dont nous parlions ci-dessus le concept mĂȘme de consentement libre et Ă©clairĂ© » est paternaliste, puisqu’il s’agit de se donner les moyens de protĂ©ger le malade contre ses propres erreurs en introduisant, sous le prĂ©texte de respecter l’autonomie du malade, le filtre d’un jugement prononcĂ© par le soignant. Mais d’un autre cĂŽtĂ©, si on veut renoncer Ă  ce filtre, il faut dire que par dĂ©finition l’expression de la volontĂ© du malade est toujours la plus libre et la plus Ă©clairĂ©e possible, ce qui n’a tout simplement aucun rapport avec la rĂ©alitĂ©, et constitue une pure hypocrisie, une simple opĂ©ration de dĂ©fausse par laquelle on laisserait le malade se dĂ©brouiller avec lui-mĂȘme. Il n’y a donc pas de point d’équilibre, et on demeure avec deux notions, d’ailleurs essentielles Il faut ĂȘtre prudent avant de prĂ©tendre savoir mieux que le malade ce qui est bon pour lui. Mais dĂšs qu’on s’écarte du strict respect inconditionnel de cette volontĂ©, par exemple en introduisant l’idĂ©e qu’il faudrait persuader le malade, ou que, tout de mĂȘme, on a du bon sens, alors on retombe dans le paternalisme, avouant par lĂ  qu’il n’y a aucun moyen d’y Ă©chapper, et que la question est simplement de savoir comment on le tient en lisiĂšre. Une attitude professionnelle Heureusement il existe une autre voie, qui est d’essayer de raisonner. On peut d’abord se demander quels sont les facteurs de risque. Il y a un certain nombre de malades dont la probabilitĂ© de tomber est nulle. Il y en a d’autres pour lesquels la pose de barriĂšres de lit fait courir un risque majeur d’enjambement. Inversement il y a des malades qui veulent qu’on lĂšve les barriĂšres, et il n’y a aucune raison de le leur refuser. On peut ensuite essayer d’évaluer la situation de maniĂšre totalement pragmatique par exemple on dĂ©cidera que le malade considĂ©rĂ© comme Ă  risque de chute sera installĂ© dans son lit, en position basse, avec un matelas au sol au pied de son lit. Si on ne le retrouve pas sur le matelas, c’est qu’il ne chute pas les barriĂšres sont inutiles ; s’il chute, alors la question des barriĂšres de lit est posĂ©e, et on les relĂšve, tout en laissant le matelas au sol. Si on ne le retrouve pas sur le matelas, c’est que les barriĂšres ont rempli leur office ; s’il chute, alors c’est que le malade enjambe les barriĂšres. Quelques conclusions Cet exemple nous permet de comprendre plusieurs choses. D’abord, tous nos modĂšles de raisonnement en ce qui concerne les barriĂšres de lit sont essentiellement paternalistes. Ensuite, ce paternalisme consiste non seulement dans le fait que nous ne jugeons la situation qu’à travers notre propre systĂšme de valeurs auquel nous confĂ©rons ainsi un statut d’absolu, mais encore dans le fait qu’à ce systĂšme de valeurs vient se surimprimer celui de nos irrationnalitĂ©s. Le paternalisme s’apparente alors Ă  une tyrannie. Il existe une maniĂšre pragmatique, scientifique d’aborder le problĂšme des barriĂšres de lit cependant cela ne suffit pas tout Ă  fait, car rien n’oblige absolument le malade Ă  accepter la contrainte de la rationalitĂ©. On retrouve ici la question qui Ă©tait posĂ©e tant par l’arrĂȘt HĂ©dreul, qui prĂ©tendait imposer comme rĂ©fĂ©rence le comportement d’un agent rationnel » que par le Patient Self-DĂ©termination Act, qui prĂ©suppose que les protagonistes partagent suffisamment de valeurs pour s’accorder sur des documents Ă©crits. Mais l’approche scientifique est soumise aux difficultĂ©s relevĂ©es lors de notre Ă©tude sur le principe de prĂ©caution Il est illusoire de prĂ©tendre Ă©valuer tous les risques, et mĂȘme de prĂ©tendre les imaginer. Ainsi la mĂ©thode du matelas au sol ne permet d’évaluer que certains risques, et sur une pĂ©riode donnĂ©e. Ce que nous appelons un risque est fortement dĂ©pendant de notre conception actuelle une fois qu’on a dĂ©tectĂ© un risque il faut encore s’entendre sur ce qu’est un niveau de risque acceptable » et il est rare que le malade soit en Ă©tat de nous aider sur ce point. Les responsables actuels tendent Ă  confondre principe de prĂ©caution et principe du parapluie, poussĂ©s en cela notamment par des comportements aberrants des compagnies d’assurance. Il nous faut donc aborder ces questions en gardant Ă  l’esprit que nous sommes sous l’influence de nos propres fantasmes. Ensuite il nous faut recueillir impĂ©rativement le point de vue du patient on ne parlera pas ici du point de vue, pourtant indispensable, des proches ; l’entretien avec les proches a une autre vertu, encore plus importante l’acte par lequel on rend compte aux proches de l’état de la rĂ©flexion est un rĂ©vĂ©lateur impitoyable de ce qu’on sait expliquer, de ce dont on n’est pas sĂ»r, de ce qu’on n’ose pas dire, parfois de ce dont on ne souhaite pas se vanter.... Enfin il ne faut pas oublier de pratiquer le mĂ©tier pour lequel nous sommes payĂ©s raisonner en scientifiques. En dernier lieu on Ă©vitera d’accorder Ă  ce raisonnement scientifique une autoritĂ© dĂ©finitive. À ce prix on peut espĂ©rer prendre les bonnes dĂ©cisions. LE DROIT AU RISQUE Mais alors comment peut-on envisager un droit au risque » pour la personne ĂągĂ©e ? Et comment peut-on envisager le respect de ce droit ? L’idĂ©e de protĂ©ger la personne est Ă©videmment un projet paternaliste. C’est un projet qui pose en principe que la sĂ©curitĂ© est la valeur la plus importante, et que la situation rĂ©sultant d’une mise en sĂ©curitĂ© vaut intrinsĂšquement mieux que la situation obtenue moyennant une prise de risque, et mieux, en toute hypothĂšse, que la situation rĂ©sultant d’une prise de risque qui a Ă©chouĂ© mais avec le sentiment d’avoir au moins essayĂ©. Mais que peut bien signifier la notion de risque appliquĂ©e Ă  une personne ĂągĂ©e ? De quoi peut-il bien s’agir ? Et d’abord, que signifie l’idĂ©e mĂȘme de risque ? On risque quand on se trouve dans une situation dont on ne contrĂŽle pas les paramĂštres essentiels. Le risque est ainsi la caractĂ©ristique des situations nouvelles, de la dĂ©couverte, de la rencontre. Certes, s’agissant de la personne ĂągĂ©e la problĂ©matique s’inverse quelque peu ce n’est pas la situation qui est nouvelle, c’est la capacitĂ© de la personne Ă  y rĂ©pondre ; mais il n’en reste pas moins que le risque est le corrĂ©lat essentiel de l’adaptation on ne s’adapte qu’en prenant un risque. On ne peut Ă©liminer le risque qu’en dĂ©cidant d’adapter la rĂ©alitĂ© au sujet au lieu de faire l’inverse, et cela conduit nĂ©cessairement Ă  une sortie du rĂ©el au moyen de la crĂ©ation d’une rĂ©alitĂ© irrĂ©elle. On a dĂ©jĂ  notĂ© plus haut ce paradoxe alors que notre civilisation nous donne des moyens toujours plus performants, ce qui devrait nous rassurer sur notre capacitĂ© Ă  faire face Ă  l’adversitĂ©, on constate que le risque est devenu pratiquement obscĂšne. Cela conduit Ă  cette Ă©trangetĂ© du discours politique dans lequel on passe une partie de son temps Ă  reprocher aux citoyens de prendre des risques, par exemple en fumant, ou en mangeant, ou en skiant hors pistes, et une autre partie Ă  leur reprocher de ne pas prendre de risques, par exemple en refusant la remise en cause du droit du travail. Bref le risque est devenu une notion totalement instrumentalisĂ©e, ce qui est d’autant plus facile que son Ă©valuation ne peut ĂȘtre faite Ă  l’aune d’aucune rĂ©fĂ©rence stable, comme on l’a observĂ© Ă  plusieurs reprises. Du coup on ne prend plus la peine de rechercher la rĂ©alitĂ© du risque. Un enjeu essentiel de la prise en charge de la dĂ©mence est la sĂ©curisation des locaux comment faire en sorte que ces malades, qui ne savent plus oĂč ils sont et qui sont pris d’irrĂ©sistibles compulsions Ă  marcher, ne s’échappent pas de l’unitĂ© oĂč ils sont hĂ©bergĂ©s ? De nombreuses srtratĂ©gies ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©es Ă  ce sujet, nous y reviendrons sans doute. Mais s’est-on prĂ©occupĂ© de quantifier le niveau du risque ? Sans prĂ©tendre que l’argument suffise, je dois faire Ă©tat d’une expĂ©rience de six ans d’un Ă©tablissement dans lequel les dĂ©ments ne faisaient l’objet d’aucune autre mesure de confinement qu’une surveillance aussi Ă©troite que possible de la part des soignants. Il s’est produit, mais au fond pas trĂšs souvent, que des malades s’échappent ; tous ont toujours Ă©tĂ© retrouvĂ©s sains et saufs. Cela ne signifie nullement que j’avais raison, mais cela pourrait inciter Ă  se demander si le risque n’a pas Ă©tĂ© surestimĂ©, et surtout ce qui se disait dans cette surestimation. Le risque, comme partout, c’est l’incontrĂŽlĂ©, l’alĂ©atoire, ce qui Ă©chappe Ă  notre surveillance. La libertĂ© mĂȘme est une situation Ă  risque, car la libertĂ© c’est d’abord la libertĂ© de faire des erreurs on sait que la RĂ©publique idĂ©ale de Platon, gouvernĂ©e par la seule raison, est un modĂšle d’Etat totalitaire. Du coup nous sommes pris dans un discours contradictoire la personne ĂągĂ©e est Ă  la fois celle qui, aprĂšs s’ĂȘtre privĂ©e toute sa vie, a gagnĂ© le droit d’ĂȘtre enfin libre de faire ce qu’elle veut, et celle qui, aprĂšs avoir souffert toute sa vie, a gagnĂ© le droit d’ĂȘtre enfin Ă  l’abri des angoisses ; on ne voit pas que la libertĂ© et la sĂ©curitĂ© sont deux notions incompatibles ce n’est pas un hasard si la loi Peyrefitte du 2 fĂ©vrier 1981, l’un des textes les plus rĂ©pressifs de la Ve RĂ©publique, s’appelait sĂ©curitĂ© et libertĂ© ». S’agissant de la personne ĂągĂ©e, la seule question qui vaille est de savoir ce qu’elle est encore capable de faire. Or pour en juger nous ne disposons que d’une sĂ©rie d’élĂ©ments d’apprĂ©ciation qui sont, disons pour faire court de l’ordre du scientifique, et qui doivent ĂȘtre confrontĂ©s Ă  ce que la personne se sent en mesure de faire. C’est lĂ  la difficultĂ© de toute dĂ©cision de soins elle se prend en confrontant deux savoirs qui sont Ă©trangers l’un Ă  l’autre. Le scientifique en rĂ©sumant, bien sĂ»r a bĂąti son savoir sur la connaissance de nombreux cas, et le seul cas sur lequel il n’a pas de savoir est celui du malade ; le malade, lui, toujours en rĂ©sumant, n’a de savoir que sur son propre cas, mais celui-lĂ  il est le seul Ă  le connaĂźtre. Il n’y a donc que deux solutions Ou bien nous dĂ©cidons que la sĂ©curitĂ© prime, et nous mettons la personne Ă  l’abri de toutes les situations dont nous ne sommes pas certains qu’elle va les maĂźtriser. Le prix Ă  payer est nĂ©cessairement une perte d’autonomie. Ou bien nous dĂ©cidons que l’autonomie prime, et nous dĂ©cidons que la personne doit aller aux limites de ce dont elle est capable. Le prix Ă  payer est nĂ©cessairement celui de l’accident. Le droit au risque se situe ici. D’une part il y a la question, capitale, de la libertĂ© non seulement, comme on l’a vu, la libertĂ© est d’abord la libertĂ© de faire des erreurs, mais c’est aussi la libertĂ© de dĂ©cider de son propre systĂšme de valeurs, c’est la libertĂ© de juger ce qui est une vĂ©ritĂ© et ce qui est une erreur on passe ici sur le fait qu’en rĂ©alitĂ© il est absolument nĂ©cessaire que les humains partagent un miminum de choses dans ce domaine, faute de quoi ils ne pourront mĂȘme plus penser la libertĂ© et l’autonomie. Limiter le droit au risque, c’est limiter la libertĂ©. Mais d’autre part il y a le fait que la mise en sĂ©curitĂ© de la personne suppose qu’on lui Ă©vite les situations considĂ©rĂ©es comme Ă  risque, ce qui revient Ă  le faire travailler au-dessous de ses possibilitĂ©s rĂ©elles. Le risque de la sĂ©curitĂ© est la perte d’autonomie, comme on le voit en considĂ©rant certaines dĂ©cisions aussi frĂ©quentes qu’absurdes, comme celle qui consiste Ă  attacher au fauteuil les malades qui risquent de tomber. Car quel est le risque de la chute ? C’est le traumatisme, la fracture, les complications, la grabatisation. Mais en attachant le malade on l’empĂȘche de marcher, on entraĂźne une dĂ©sadaptation, une atrophie musculaire, une perte des repĂšres sensitifs et sensoriels, une grabatisation les moyens qu’on se donne pour Ă©viter le risque conduisent Ă  le rĂ©aliser. Mais naturellement il y a en ce qui concerne la personne ĂągĂ©e un risque dans le risque n’y a-t-il pas un risque Ă  la laisser calculer son risque, alors que l’environnement Ă©volue si vite qu’elle n’a pas les moyens de l’évaluer ? On n’est pas en peine pour trouver des exemples de personne ĂągĂ©e qui s’expose Ă  des risques manifestement inconsidĂ©rĂ©s, soit pour se prouver qu’elle en est encore capable soit parce qu’elle n’a pas pensĂ© aux consĂ©quences de ce qu’elle entreprenait. Peut-on alors dire qu’elle exerce sa libertĂ©, quand elle souffre Ă  l’évidence d’un trouble du jugement ? De quelle hypocrisie ne ferait-on pas preuve Ă  prĂ©tendre qu’une personne est libre quand, sans qu’il s’agisse d’une dĂ©mence, elle ne dispose plus de tous les moyens de prendre une dĂ©cision rationnelle ? Mais d’un autre cĂŽtĂ©, cette famille qui choisit de laisser son parent dĂ©ment seul Ă  domicile, et qui nous dit que le temps qu’il passe dans cette situation est du temps de gagnĂ©, et qu’elle assume le risque de la situation, et qu’il vaut mieux le trouver mort sur son carrelage que grabataire en maison de retraite, qui dira que cette famille est dans l’erreur ? Et s’il y avait pire que la mort ? Il est Ă  peine nĂ©cessaire d’ajouter que la personne ĂągĂ©e qui prend des risques a toute chance de nous crĂ©er des complications le risque est aussi pour nous. Ou que, limitant les risques pour la personne ĂągĂ©e, nous procĂ©dons Ă  une infantilisation qui peut recĂ©ler plus d’un rĂšglement de comptes, comme on le voit en observant ces vieux couples oĂč la femme prend sa revanche sur le mari qui l’a bafouĂ©e toute sa vie et qui, devenu impotent, tombe enfin en son pouvoir. Bref que la question de la sĂ©curitĂ© se ramĂšne bien souvent Ă  celle de notre sĂ©curitĂ©. Ce n’est pas totalement illĂ©gitime. UN CAS CONCRET Appliquons ces quelques observations Ă  une situation particuliĂšrement banale. Je connais une vieille dame. Elle a 93 ans, elle vit seule dans un pavillon de banlieue. Elle est en assez bonne santĂ©, pour l’essentiel elle prĂ©sente un risque de chute important du fait de son Ă©tat rhumatologique ; ce risque est majorĂ© par une prise d’anticoagulants motivĂ©e par une embolie pulmonaire ; elle n’a pas de dĂ©ficit intellectuel majeur ; elle a des appareils auditifs mais elle ne veut pas user les piles ; elle a une tĂ©lĂ©alarme mais elle ne veut pas la garder sur elle. La maison est inamĂ©nageable, et si le plus souvent elle se confine au rez-de-chaussĂ©e il lui arrive malgrĂ© tout de descendre Ă  la cave, par un escalier Ă©troit et raide Ă  l’éclairage dĂ©fectueux, et dans lequel elle est dĂ©jĂ  tombĂ©e. Que convient-il de faire ? En ma qualitĂ© de technicien de ces situations, j’ai eu l’occasion d’en discuter au cours d’une rĂ©union de la famille. Bien entendu cette discussion a eu lieu en prĂ©alable Ă  toute dĂ©marche vis-Ă -vis de l’intĂ©ressĂ©e ; la question Ă©tait donc de savoir si on allait lui en parler, et de quoi. J’ai dit qu’il convenait de commencer Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  ce qui risquait de se passer. J’ai rappelĂ© qu’en effet les pires situations Ă©taient celles qui n’avaient pas Ă©tĂ© anticipĂ©es, et que sans pour autant se prĂ©cipiter sur des dĂ©cisions alors qu’aucune n’était actuellement Ă  l’ordre du jour, le moment Ă©tait venu de prĂ©voir une organisation Prendre des informations sur les maisons de retraite. RĂ©flĂ©chir Ă  la maniĂšre dont elles pourraient ĂȘtre financĂ©es. DĂ©cider qui ferait quoi dans l’hypothĂšse d’une hospitalisation, ou d’une aggravation de la dĂ©pendance. RĂ©flĂ©chir Ă  un systĂšme de tĂ©lĂ©surveillance, en installant deux ou trois webcams et une connexion Internet. Les rĂ©actions ont Ă©tĂ© trĂšs violentes La vieille dame ne va pas si mal que cela. Il n’est pas question de violer son intimitĂ©. Si elle veut prendre des risques, c’est son droit et il faut le respecter. Et de toute maniĂšre on assumera le moment venu. Comment analyser cette sĂ©quence, dont la banalitĂ© est le trait essentiel ? Car la rĂ©action de cette famille est conforme au stĂ©rĂ©otype. On y trouve d’abord le dĂ©ni de la situation, qui peut s’expliquer de multiples maniĂšres, lĂ  n’est pas notre propos. Toujours est-il que le risque de chute, pourtant majeur et majorĂ© par le traitement anticoagulant, est totalement dĂ©niĂ©, que la dĂ©tĂ©rioration intellectuelle, qui est aussi Ă©vidente que modĂ©rĂ©e, est passĂ©e par profits est pertes. On y trouve ensuite une difficultĂ© Ă  examiner la lourdeur de l’engagement qu’elle prend quand elle se dit prĂȘte Ă  assumer les consĂ©quences de ses choix. Et si je lui accorde un crĂ©dit complet quand elle affirme qu’elle assumera le moment venu, je suis bien contraint d’admettre que les quatre phrases par lesquelles elle exprime sa position sont celles que le gĂ©riatre entend le plus rĂ©guliĂšrement quand il se risque Ă  proposer un plan d’aide, et que le rejet de ce plan est tout aussi rĂ©guliĂšrement, au bout de quatre mois, suivi d’une rĂ©hospitalisation en urgence dans des conditions apocalyptiques et d’un envoi en catastrophe dans n’importe quel mouroir. Et ce n’est pas parce que mon inquiĂ©tude est jusqu’ici dĂ©mentie par les faits que le raisonnement perd sa lĂ©gitimitĂ©. La rĂ©affirmation d’un droit au risque est certainement bienvenue. Mais lĂ  encore il faut ĂȘtre prudent. Car de quoi s’agit-il en rĂ©alitĂ© ? Il est probable que mes interlocuteurs ont simplement en vue le refus prĂ©visible de la vieille dame, qui Ă  nos propositions aurait toute chance d’opposer un Laissez-moi tranquille, je n’ai besoin de rien ». On pourrait alors se rassurer en invoquant, en bon zĂ©lateurs du principe d’autonomie, sa dĂ©cision souveraine et opposable dĂšs lors qu’elle a Ă©tĂ© informĂ©e. On mĂ©connaĂźtrait ainsi une difficultĂ© de taille la vieille dame n’a aucune idĂ©e de ce qu’est une webcam, et elle ne peut se faire aucune reprĂ©sentation de ce que pourrait ĂȘtre une tĂ©lĂ©surveillance ; d’ailleurs l’hostilitĂ© si frĂ©quente des personnes ĂągĂ©es Ă  la tĂ©lĂ©alarme provient avant toute chose du fait qu’elles sont incapables de concevoir le fonctionnement du systĂšme. Dans ces conditions, prĂ©tendre qu’on a respectĂ© l’autonomie de la personne alors qu’on a tout simplement utilisĂ© le fait qu’elle n’a pas compris de quoi on lui parle ne semble pas, au regard de l’éthique, d’une grande soliditĂ©. Mais le plus intĂ©ressant est sans doute sa position par rapport Ă  la tĂ©lĂ©surveillance car on voit bien que cette position est sous-tendue par le fantasme orwellien d’une vieille dame espionnĂ©e, traquĂ©e dans ses toilettes ou sous sa douche. Or ce fantasme ne tient aucun compte de la rĂ©alitĂ© d’abord le projet n’est pas de truffer de camĂ©ras la maison d’une vieille dame mais de se donner les moyens de vĂ©rifier deux ou trois fois par jour, en installant une ou deux webcams aux endroits qu’elle frĂ©quente le plus souvent qu’elle n’est pas en danger ; ensuite il n’y a guĂšre lieu de prendre en compte un risque d’abus, sachant que les utilisateurs Ă©ventuels du dispositif seraient exclusivement des membres de la trĂšs proche famille ; quant Ă  la place d’un Ă©ventuel voyeurisme, elle semble restreinte pour plus d’une raison. On voit bien que la fonction du fantasme est de transformer la question posĂ©e en une question de principe, ce qui Ă©vite, prĂ©cisĂ©ment, d’examiner la question posĂ©e. L’attachement au principe est l’alibi d’une pusillanimitĂ© intellectuelle. On voit tout aussi facilement de quoi le fantasme est nourri ce qui prĂ©domine, comme dans l’exemple des barriĂšres de lit, c’est la projection c’est l’idĂ©e que les enfants se font de l’idĂ©e que la vieille dame pourrait avoir ; ce faisant on oublie rĂ©guliĂšrement que les situations sont diffĂ©rentes aucun adulte jeune ne s’imagine incontinent, ou dĂ©ment, et il peut encore moins imaginer les renoncements auxquels il devrait alors consentir. Ce refus a priori d’examiner le principe de la tĂ©lĂ©surveillance apparaĂźt donc pour ce qu’il est une position absurde. Il me reste Ă  ajouter que cette position a Ă©tĂ© la mienne pendant plusieurs annĂ©es. Cela pourtant ne clĂŽture pas le dĂ©bat. Car les positions de principe ne sont pas pour autant nĂ©gligeables, et l’on peut parfaitement concevoir qu’on refuse la notion mĂȘme de tĂ©lĂ©surveillance au nom d’un nĂ©cessaire respect absolu de l’intimitĂ© des personnes. Ce n’est pas le lieu ici d’examiner si une telle position de principe est lĂ©gitime s’agissant de la tĂ©lĂ©surveillance. Par contre on ne peut manquer de relever une contradiction car si on dĂ©cide que la tĂ©lĂ©surveillance est interdite a priori, alors on dit du mĂȘme coup qu’il s’agit d’une mauvaise chose en soi ; et si on dit qu’il s’agit d’une mauvaise chose en soi, on admet du mĂȘme coup qu’il existe des choses qui sont mal en soi ; il y a donc un mal absolu, le bien et le mal sont dĂ©finis par une norme extĂ©rieure Ă  l’individu qui utlise les choses ; mais si c’est le cas, alors il n’y a plus aucun moyen de fonder une dĂ©marche autonomiste le bien de la personne existe en soi, il y a de gens dont le mĂ©tier est de dire en quoi ce bien consiste, et la seule attitude raisonnable est le paternalisme. Une remarque supplĂ©mentaire s’impose, qui concerne le rapport que nous entretenons avec la technologie ; c’est une banalitĂ© que d’observer combien, dans le monde soignant, le recours Ă  la technique dispense d’agir, et plus encore de rĂ©flĂ©chir on ne compte plus les appareils achetĂ©s Ă  la lĂ©gĂšre alors qu’un peu de rĂ©flexion, ou une rĂ©organisation, aurait aisĂ©ment prouvĂ© que ces achats n’étaient pas nĂ©cessaires. C’est le cas ici l’idĂ©e d’une tĂ©lĂ©surveillance est probablement bonne ; mais cette certitude s’effrite quelque peu quand on essaie de rĂ©flĂ©chir au problĂšme posĂ©. Nous Ă©tudions le cas d’une vieille dame qui vit seule chez elle. Il y a des risques inhĂ©rents Ă  la situation, et certains de ces risques, par exemple celui d’un trouble du rythme brutal, ne peuvent ĂȘtre Ă©liminĂ©s par aucun moyen adaptĂ© personne ne songe Ă  Ă©quiper la dame d’un monitorage cardiaque miniaturisĂ©. Ce que nous cherchons Ă  Ă©liminer, c’est le risque d’un sĂ©jour prolongĂ© au sol aprĂšs une chute, ou d’une pathologie brutale nĂ©cessitant une intervention en semi-urgence. L’idĂ©e est donc de pouvoir vĂ©rifier rapidement l’état global de la personne, par un simple coup d’oeil Ă  l’écran. Et parvenus Ă  ce point on s’aperçoit qu’on parviendrait au mĂȘme rĂ©sultat avec un instrument moins sophistiquĂ© nommĂ© tĂ©lĂ©phone. Certes cela implique que si la vieille dame ne rĂ©pond pas au tĂ©lĂ©phone il faudrait aller sur place, mais les intervenants potentiels habitent tous Ă  moins de dix kilomĂštres. Rappelons que l’idĂ©e d’une surveillance par webcams Ă©tait mon idĂ©e, que je n’ai pas pensĂ© une seconde Ă  organiser une veille tĂ©lĂ©phonique et mes interlocuteurs non plus. D’ailleurs cette veille n’a pas Ă©tĂ© mise en place. Il peut arriver que le recours Ă  la technologie serve surtout Ă  Ă©luder la nĂ©cessitĂ© d’une relation. Mais Ă  ce jour la vieille dame va trĂšs bien. Avons-nous besoin d’un lĂšve-personne VoilĂ  une question importante! À laquelle il est important de rĂ©pondre. PrĂ©cisons en premier lieu qu’un lĂšve-personne est un Ă©quipement trĂšs spĂ©cialisĂ© qui vise Ă  dĂ©placer, de façon sĂ©curitaire, une personne ĂągĂ©e ou handicapĂ©e qui n’est pas en mesure de supporter son propre poids, de se tenir debout et de marcher, et ce, mĂȘme avec des Ă©quipements plus lĂ©gers comme une canne, une marchette ou un ambulateur. Le lĂšve-personne aide Ă  faire le transfert de la personne du lit Ă  un fauteuil, d’un fauteuil Ă  la toilette ou Ă  un bain. Le lĂšve-personne souvent appelĂ© levier », comme son nom l’indique, soulĂšve la personne et permet de la transporter gĂ©nĂ©ralement dans une position assise, quelquefois semi-assise ».Deux grands avantages du lĂšve-personne Le premier avantage demeure la possibilitĂ© de dĂ©placer la personne trĂšs handicapĂ©e, voire mĂȘme grabataire, de façon sĂ©curitaire. Le lĂšve-personne va permettre Ă  la personne d’ĂȘtre dĂ©placĂ©e, de changer de position et de recevoir des soins quotidiens. Le deuxiĂšme grand avantage est pour la personne aidante. Qu’elle soit une personne soignante spĂ©cialisĂ©e ou une aidante naturelle, le lĂšve-personne Ă©vite de faire des efforts importants pour dĂ©placer la personne immobile et ainsi prĂ©vient des blessures importantes. Donc pour dĂ©placer une personne ĂągĂ©e ou handicapĂ©e qui prĂ©sente un niveau d’autonomie trĂšs faible ou nul, OUI le lĂšve-personne est nĂ©cessaire, voire un lĂšve-personne Le premier conseil sur le choix d’un lĂšve-personne est de consulter une personne qui connaĂźt ce type d’équipements spĂ©cialisĂ©s et qui est en mesure de bien comprendre les besoins et caractĂ©ristiques de la personne ĂągĂ©e ou handicapĂ©e. Le lĂšve-personne mobile au sol Un premier modĂšle est le lĂšve-personne mobile au sol. La base en U » repose sur des roues. Sa mobilitĂ© facilite les dĂ©placements par les personnes soignantes. Muni de freins, le lĂšve-personne peut ĂȘtre immobilisĂ© au moment de monter ou descendre son occupant. Celui-ci est installĂ© dans une toile de transfert suspendue avec des points d’ bonne utilisation Son utilisation demande de se familiariser avec les bonnes pratiques ergonomiques. Il faut Ă©viter les accidents tant pour la personne qui est dĂ©placĂ©e que pour celle qui manipule le lĂšve-personne. Par exemple, il est recommandĂ© de pousser, plutĂŽt que de tirer. Il est Ă©galement recommandĂ© Ă  l’opĂ©rateur de se tenir sur le cĂŽtĂ© pour tout changement de position. Il faut aussi bien prĂ©parer le point de chute » ou appeler le point de transfert. Il faut incliner lĂ©gĂšrement le dossier du fauteuil avant d’y asseoir la personne ou relever lĂ©gĂšrement la tĂȘte du lit mĂ©dicalisĂ© lors de la remise au lit. Une fois le rĂ©sident transfĂ©rĂ©, l’opĂ©rateur ĂŽte les attaches et Ă©loigne l’appareil avant d’enlever le harnais. Un tel Ă©quipement peut servir Ă  dĂ©placer plusieurs personnes puisqu’il se dĂ©mĂ©nage facilement. En milieu d’hĂ©bergement, il peut rĂ©pondre aux besoins d’un Ă©tage ou d’une unitĂ© de vie. Il fonctionne Ă  batterie, ce qui est un avantage qui peut devenir un dĂ©savantage si on oublie de faire la recharge rĂ©guliĂšrement. Certains sont munis de batteries amovibles. Aussi, avant d’acquĂ©rir un tel Ă©quipement il faut penser Ă  l’espace nĂ©cessaire pour le manipuler, le type de revĂȘtement de sol et surtout prĂ©voir la formation des personnes lĂšve-personne sur rail Le lĂšve-personne sur rail est un Ă©quipement plus fixe. Le moteur est suspendu Ă  un rail fixĂ© au plafond ou maintenu contre celui-ci par des poteaux. Le trajet doit ĂȘtre rectiligne et partiellement constituĂ© de courbes. Le moteur de levage est insĂ©rĂ© dans le rail et, tel un treuil, enroule et dĂ©roule la sangle de levage. Celle-ci est terminĂ©e par un cintre ou berceau oĂč la toile est solidement arrimĂ©e. La structure de l’équipement Ă©tant situĂ©e au-dessus de la personne Ă  transporter, la personne soignante peut ĂȘtre beaucoup plus proche et ainsi avoir une proximitĂ© rassurante. Une installation fixe le Ă  utiliser, cependant ce type de lĂšve-personne constitue une installation fixe qui limite les dĂ©placements au trajet prĂ©vu initialement. Aussi, malgrĂ© cette facilitĂ© d’utilisation, la formation des personnes qui auront Ă  manipuler un lĂšve-personne sur rail devra tenir compte des bonnes pratiques ergonomiques et s’assurer de recevoir la formation entretien prĂ©ventif Il faut ajouter qu’il soit mobile ou sur rail, le lĂšve-personne nĂ©cessite un entretien rĂ©gulier, annuel qui assure le bon fonctionnement Ă  long terme de l’équipement. DĂ©jĂ  qu’il n’est pas facile n’y agrĂ©able pour une personne ĂągĂ©e ou handicapĂ©e de se faire transporter dans une toile, s’il fallait que celle-ci demeure suspendue dans les airs
! Rassurons-nous, les lĂšve-personnes sont munis d’un mĂ©canisme de sĂ©curitĂ© pour descendre la personne en cas de panne. Quand mĂȘme, un entretien rĂ©gulier permettra d’éviter la panne dĂ©sagrĂ©able!Le verticalisateur Pour une personne qui est Ă  mobilitĂ© rĂ©duite, mais qui peut prendre un appui temporaire sur au moins une jambe, le verticalisateur peut ĂȘtre une alternative au lĂšve-personne. Aussi appelĂ© releveur, il facilite le transfert assis debout pour aller du lit au fauteuil ou vers la toilette. Une fois installĂ©e, une toile retient la personne qui se trouve dans une position semi-assise. Évidemment, c’est un Ă©quipement prĂ©vu pour de courtes distances. Il existe deux types de verticalisateurs, un Ă©lectrique qui demande moins d’effort Ă  la personne qui a un coup de main » Ă©lectrique pour le hisser sur l’appareil. Le verticalisateur manuel demande Ă  la personne d’ĂȘtre en mesure de se hisser en position debout, toujours avec supervision Ă  l’aide d’une bonne barre de prĂ©hension. Le verticalisateur est plus demandant Ă  la personne ĂągĂ©e en perte d’autonomie ou handicapĂ©e. Elle doit faire un effort et coopĂ©rer pour ĂȘtre dĂ©placĂ© de façon sĂ©curitaire. L’avantage est de solliciter et stimuler la mobilitĂ© de la personne. Plus celle-ci demeurera active, plus ses fonctions physiques et cĂ©rĂ©brales demeureront Ă©veillĂ©es et fonctionnelles. Utiliser un verticalisateur demande aussi une formation adĂ©quate et avant d’en choisir un, il est conseillĂ© de consulter une personne en mesure de bien identifier les besoins ainsi que d’analyser les caractĂ©ristiques du milieu de vie. Lorsque vous vous occupez de votre proche ĂągĂ© ou lorsque vous ĂȘtes aidant pour un service de tĂ©lĂ©assistance, vous serez peut-ĂȘtre amenĂ© Ă  l’aider Ă  se relever suite Ă  une chute Ă  son domicile. Dans ce cas, il est important de connaĂźtre les bons gestes Ă  adopter relever un senior rapidement maximise ses chances de conserver son indĂ©pendance. DĂ©couvrez dans notre guide la meilleure technique pour lever une personne ĂągĂ©e !Analyser la situation avant d’aider la personne ĂągĂ©e Ă  se lever en toute sĂ©curitĂ© Un appel de la tĂ©lĂ©assistance suite Ă  la chute d’un abonnĂ© au service ? Vous vous rendez chez votre proche ĂągĂ© et vous constatez qu’il est au sol et ne parvient pas Ă  se relever seul ? Dans tous les cas, il faut agir vite. Dans un premier temps, il convient de faire une Ă©valuation rapide. Évaluer la situation Avant d’entreprendre toute action pour aider la personne ĂągĂ©e suite Ă  sa chute, posez vous les bonnes questions A-t-elle perdu connaissance? Est-ce qu’elle perd du sang? Se plaint-elle de fortes douleurs? Si vous rĂ©pondez oui » Ă  l’une de ces questions, alors n’employez aucune technique pour lever la personne ĂągĂ©e. Seul un professionnel saura adopter les bons gestes pour ne pas aggraver son Ă©tat. Dans ce cas, contactez rapidement les secours SAMU 15 ou pompiers 18. Si vous rĂ©pondez non » Ă  toutes ces questions, alors vous pouvez l’aider Ă  se relever, uniquement si vous vous en sentez la force. Si ce n’est pas le cas, contactez les secours. Évaluer l’environnement Lorsque vous avez analysĂ© la situation de votre proche, n’hĂ©sitez pas Ă  balayer des yeux la piĂšce de vie oĂč il se trouve avant d’utiliser la technique pour lever une personne ĂągĂ©e La personne est Ă  cĂŽtĂ© de son lit, d’une chaise ou d’un fauteuil bien stable. Ceci pourra lui servir pour l’aider Ă  se relever. Elle dispose d’une aide technique Ă  domicile dĂ©ambulateur, fauteuil roulant ou encore canne. Une fois relevĂ©e, servez-vous de cette aide pour qu’elle se stabilise en position debout. Que ce soit dans la chambre Ă  coucher, aux toilettes ou toute autre piĂšce, assurez-vous que l’endroit est bien dĂ©gagĂ© de tout obstacle. Ceci Ă©vitera tout risque de nouvelle chute pour la personne ou mĂȘme pour vous. Comment s’y prendre pour lever la personne ĂągĂ©e ? En suivant les Ă©tapes ci-dessous qui vous indiquent la bonne technique pour lever une personne ĂągĂ©e, vous agissez en toute sĂ©curitĂ©. Dans un premier temps, n’hĂ©sitez pas Ă  Ă©changer et rassurer la personne ĂągĂ©e. Il est important qu’elle ne soit pas trop crispĂ©e pour les Ă©tapes suivantes ; Basculez doucement la personne sur le ventre tout en veillant Ă  bien dĂ©gager ses bras lorsqu’elle se retourne ; Aidez-la Ă  plier une jambe puis l’autre pour qu’elle se mette Ă  4 pattes ; N’hĂ©sitez pas Ă  bloquer lĂ©gĂšrement ses pieds pour qu’elle Ă©vite de glisser lorsqu’elle de relĂšvera ; Tout en l’invitant Ă  s’appuyer sur son lit, sa chaise ou son fauteuil, indiquez-lui de se relever lentement afin de pouvoir se mettre debout. Si c’est la tĂ©lĂ©assistance qui vous a envoyĂ© au domicile de la personne ĂągĂ©e pour l’aider Ă  se relever aprĂšs sa chute, l’opĂ©rateur restera en ligne avec vous tout au long de ces Ă©tapes. Et, si jamais elle ne parvient pas Ă  se remettre sur ses pieds, l’opĂ©rateur contactera les secours pour venir vous aider. Gardez en tĂȘte que la technique pour lever une personne ĂągĂ©e s’accompagne des bons gestes et aussi d’un Ă©change avec la personne tout au long des diffĂ©rentes Ă©tapes. Il est primordial qu’elle se sente en confiance, ceci contribuera Ă  prĂ©server son autonomie et Ă  prĂ©venir d’un Ă©ventuel syndrome post-chute des personnes ĂągĂ©es. La tĂ©lĂ©assistance pour ĂȘtre prĂ©venu rapidement en cas de chute ! Créée en 1988 pour amĂ©liorer le confort de vie des seniors et favoriser le maintien Ă  domicile, la tĂ©lĂ©assistance Filien ADMR a accompagnĂ© plus de 200 000 personnes en France. Elle propose un bip pour personnes ĂągĂ©es ou encore un dĂ©tecteur de chute capables de prĂ©venir rapidement son centre d’écoute 24h/24 en cas de chute Ă  domicile. L’opĂ©rateur fait intervenir les proches ou les secours en fonction de la gravitĂ© de la situation tout en restant en contact avec la personne pour la rassurer. Demandez votre devis gratuitQuelles questions se poser avant d’aider une personne ĂągĂ©e Ă  se relever ?Avant d’utiliser toute technique pour lever une personne ĂągĂ©e, il convient d’évaluer rapidement la situation. Un lit ou un fauteuil Ă  proximitĂ© permettra au senior de prendre appui pour l’aider Ă  se relever. A noter qu’en cas d’inconscience ou de saignements, contactez le SAMU ou les aider une personne ĂągĂ©e Ă  se relever ?La meilleure technique pour aider une personne ĂągĂ©e Ă  se lever se dĂ©roule en quelques Ă©tapes Basculez-la sur le ventre ; Aidez-la Ă  se mettre en position 4 pattes ; Demandez-lui de se relever lentement en prenant appui sur son lit ou une chaise. Quel est le rĂŽle d’un aidant appelĂ© par la tĂ©lĂ©assistance en cas de chute d’une personne ĂągĂ©e ?En plus d’appliquer la technique pour lever une personne ĂągĂ©e lorsque cette derniĂšre a chutĂ©, l’aidant sert Ă  rassurer la personne par sa prĂ©sence. En plus, l’opĂ©rateur de tĂ©lĂ©assistance reste en ligne pour faire intervenir les secours si jamais l’aidant ne parvient pas Ă  relever le senior. Adoptez la bonne posture pour une marche active efficace La marche active est une activitĂ© qui permet de renforcer les articulations, dĂ©velopper les muscles, l’endurance et brĂ»ler des calories. Cette activitĂ© est un sport qui mobilise l’ensemble du corps mais savoir bien marcher » n’est pas toujours bien maĂźtrisĂ©. Pourtant c’est primordial pour Ă©viter douleurs, fatigue [
] L’installation d’un monte-escalier chez une personne ĂągĂ©e et/ou handicapĂ©e, la sĂ©curitĂ© avant tout ! Le monte-escalier pour une personne ĂągĂ©e est un amĂ©nagement du domicile indispensable pour les personnes Ă  mobilitĂ© rĂ©duite se dĂ©plaçant en fauteuil roulant ou en dĂ©ambulateur, ayant besoin d’ĂȘtre sĂ©curisĂ©es dans les escaliers. Cet amĂ©nagement peut s’avĂ©rer Ă©galement trĂšs utile pour sĂ©curiser [
] Perte d’autonomie et dĂ©pendance Bien qu’elles ne soient pas opposĂ©es, les expressions “perte d’autonomie” et “dĂ©pendance” n’ont pourtant pas exactement la mĂȘme dĂ©finition. C’est quoi la perte d’autonomie ? Être autonome, c’est ĂȘtre capable de prendre des dĂ©cisions seul concernant sa vie. La perte d’autonomie dĂ©signe ainsi l’incapacitĂ© totale ou partielle Ă  faire des choix, [
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